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Culture musicale > Oeuvres
LA FLUTE ENCHANTEE
1791, drame musical en deux actes, cat. K.620
Livret : Emanuel Schikaneder
Musique : Wolfgang Amadeus Mozart
Création
La Flûte enchantée est le prolongement d’une collaboration de Mozart avec la compagnie du Theater an der Wien, un nouveau théâtre dans les faubourgs de Vienne, dirigé par Emanuel Schikaneder. L’empereur Joseph II autorise à cette époque l’ouverture de théâtres libres dans lesquels sont représentées des œuvres en langue allemande. C’est sans doute pourquoi, après les succès mitigés de Don Giovanni, des Le nozze di Figaro et de Cosi fan tutte, dans le domaine de l’opéra italien aristocratique, Mozart accepte la proposition que lui fait Schikaneder d’écrire à nouveau un Singspiel, c’est-à-dire un opéra-comique à succès, d’autant plus populaire qu’il sera écrit dans une langue intelligible par tous et s’adressera à toutes les classes sociales. La salle de spectacle n'est pourtant pas un théâtre de deuxième ordre, comme on l’a souvent affirmé, mais elle dispose au contraire d’importantes ressources techniques qui ont permis les nombreux effets spéciaux et changement de décors qui abondent dans La Flûte enchantée et déterminent sa structure dramaturgique. L’opéra relève en effet de l’esthétique du merveilleux et du spectaculaire propre au monde baroque.
Schikaneder avait produit auparavant plusieurs ouvrages à grand succès du même type, en recréant en particulier le personnage comique de Kasperl (de), l’équivalent allemand de Guignol, dont le personnage de Papageno est une nouvelle illustration. La Flûte enchantée est inspirée par plusieurs contes de fée de l’écrivain Christoph Martin Wieland, l’un des principaux représentants des Lumières allemandes. La structure du texte et la typologie des personnages reprennent plus celle d’un opéra de Paul Wranitzky représenté l’année précédente et intitulé Oberon, König der Elfen (1789) que de Der Stein der Weisen (1790), un ouvrage anonyme et récemment redécouvert auquel Mozart aurait participé.
La Flûte enchantée est, d’après le musicologue Alain Patrick Olivier, une œuvre collective résultant de la collaboration de Mozart avec la plupart des autres participants avec lesquels il entretenait des liens familiaux, fraternels ou idéologiques. L’œuvre serait la réalisation en acte d’un principe maçonnique fondamental consistant à réaliser en commun un travail à destination spirituelle. Mais le travail n’obéissait pas alors à une division stricte et la notion d'auteur comme génie propagée par le romantisme justement à propos de Mozart n'avait pas encore cours. Mozart a participé lui-même activement à l’écriture du livret, tandis que Schikaneder aurait composé lui-même certains numéros de musique (comme les deux airs de Papageno et le duo avec Pamina). Une polémique est apparue également après la mort de Mozart, lorsque l’un des membres de la troupe, l’auteur de l’Oberon, Carl Ludwig Giesecke (de) a revendiqué également la paternité du texte de la Flûte enchantée. D’autres noms ont également été évoqués par la suite. Le ténor Benedikt Schack qui interprétait le rôle de Tamino était également compositeur et flûtiste ; il est possible qu’il ait joué lui-même de la flûte sur la scène, et que Mozart ait choisi cet instrument (qu’il n’aimait pas par ailleurs) à cause de ses dons.
Mozart avait presque terminé d'écrire la musique lorsqu'il est parti pour Prague honorer la commande de son dernier opéra La Clemenza di Tito. Il compose les derniers numéros de la Flûte enchantée à son retour, à la fin du mois de septembre, participe aux répétitions et dirige encore la première représentation, le 30 septembre 1791, puis la seconde. Il assiste à plusieurs autres représentations au cours du mois d'octobre, joue à l'occasion du glockenspiel, avant de sombrer dans la maladie et de mourir le 5 décembre suivant. La Flûte enchantée garda le sommet de l'affiche pendant plusieurs années. L'opéra connut sa centième représentation en novembre 1792. La première représentation à Paris eu lieu en 1801 sous la forme d'une adaptation française libre d'Étienne Morel de Chédeville et Ludwig Wenzel Lachnith intitulée Les Mystères d'Isis.
Source : Wikipédia